CRU Université de Belgrade: La session “Méfiez-vous des femmes”, tenue en visioconférence à l’Université Laval de Québec et au CRU de Belgrade dans le cadre du colloque “Mensonge et Littérature”

Dans le cadre du colloque international de la revue Chameaux tenu le 4 mars 2016 au sein de l’Université Laval de Québec, 12 doctorants des universités canadiennes, américaines, françaises, suisses et serbes ont discuté sur le sujet Mensonge et littérature depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, dans des genres divers.

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Lors de la session “Méfiez-vous des femmes” (16h50-18h20, heure de Belgrade) présidée par Julia Chamard-Bergeron (UQÀM), Željka Janković, assistante en littérature française au Département d’études romanes de la Faculté de Philologie de Belgrade, a présenté sa communication “Une femme peut-elle dire la vérité ? La Princesse de Clèves et la parole féminine” sous forme de visio-conférence.

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L’intervenante a cherché à examiner s’il peut exister un lien entre la décision de Madame de Lafayette de publier presque l’ensemble de son œuvre sous un autre nom ou sans nom d’auteur et la difficile prise de parole de ses héroïnes romanesques, notamment la célèbre Princesse de Clèves, dont la réception démontre au mieux que tout acte de lecture représente un choix délibéré de certains aspects du texte au détriment des autres : le premier roman d’analyse français est ainsi lu soit comme la victoire de la vertu et méfiance des passions destructrices (XVIIe-XIXe siècles) soit comme la conquête de la parole féminine libre et autonome (à la lumière des concepts féministes modernes). Se positionnant entre ces deux interprétations, l’intervenante postule que le célèbre roman représente surtout la reproduction de la matrice discursive patriarcale dominante pour en dénoncer les effets néfastes pour une femme.

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Les deux autres intervenantes de la même session ont analysé le personnage d’Albertine « grande menteuse d’À la recherche du temps perdu : »  (Agnès Domanski, Université McGill : « Albertine Simonet : mensonge et possibilité romanesque »), nouveauté du roman proustien et incarnant « la nouvelle liberté accordée aux adolescentes au tournant du XXe siècle », ainsi que l’ouvrage Les sangs où Audrée Wilhelmy  (Valérie Synotte, UQÀM : « Les femmes de Barbe bleue, toutes des menteuses ? Le mensonge dans Les sangs d’Audrée Wilhelmy »), par l’histoire de sept femmes épouses de Barbe bleu, tente de dévoiler « ce que Perrault n’a pas dit » et ce que leurs propos, tout en cachant quelque chose de profond, révèlent sur les relations hommes-femmes.