Oxana Căpățînă milite pour l’avenir professionnel des jeunes francophones moldaves

Professeur de FLE depuis 21 années déjà, traductrice et interprète assermentée pour le français et responsable des relations internationales au Département de Linguistique romane et Communication interculturelle de la Faculté des Lettres (DLRCI) de l’Université d’État de la République de Moldova (UÉM), Oxana Căpățînă affirme que le français lui a permis, depuis toujours, de scruter de nouvelles perspectives constructives, sur le plan personnel et professionnel.

C’est la langue par laquelle elle a découvert, pas à pas, les astuces de l’expression raffinée, ainsi qu’une forma mentis très particulière – celle de l’humanisme et de la tolérance, du respect des droits de l’homme et de l’ouverture vers l’Autrui.

Son parcours académique et professionnel

Diplômée de la Faculté des Langues et Littératures Étrangères (1997) de l’Université d’État de la République de Moldova et de la Faculté de Droit (2005 – même Institution), Oxana Căpățînă s’efforce de trouver dans son activité ultérieure, et non sans résultat, des connexions entre ces deux domaines professionnels. Parallèlement, en 2001-2002 elle suit, en tant que boursière du Gouvernement français, des formations linguistiques au Centre Universitaire d’Études Françaises (CUEF) de Grenoble, France, fait qui renforce ses compétences en matière de terminologie spécialisée.

Parmi ses domaines d’intérêt scientifique on peut citer la philosophie du langage, la sémiotique et la pragmatique, la linguistique cognitive, la traduction et l’interprétation, ainsi que la sémantique du discontinu. À côté des cours normatifs universitaires, Oxana Căpățînă conçoit et dirige des cours innovants, pour lesquels elle obtient, de la part de l’Agence universitaire de la Francophonie, des subsides de formation et de recherche à l’Université de Genève, en Suisse. En 2005, elle est titulaire d’une bourse de stage à l’Université de Genève, pour son projet de recherche Fragmentarisme et texte fragmenté et en 2007 elle est bénéficiaire d’un autre appui du même type, pour développer le projet interdisciplinaire Stratégies de persuasion dans le discours argumentatif juridique. Oxana Căpățînă enseigne ensuite, au niveau de licence et de master, des cours dont elle est l’auteure : Fragmentarisme et texte fragmenté (littérature, arts, peinture), Terminologie des affaires : traduction spécialisée, Stratégies de remédiation des conflits (spécification – commerce et droit), Aspects théoriques et pratiques de la traduction (roumain/français/anglais/russe).

Outre les activités universitaires, Oxana Căpățînă participe, en tant que traductrice ou interprète et en tant que médiatrice dans le domaine du droit de la famille, dans des projets internationaux d’aide humanitaire, dans les centres éducationnels de la République de Moldova et de Roumanie. Elle est, de même, convoquée pour des traductions/interprétations lors des conférences internationales, organisées par le Ministère de la Justice de la République de Moldova et le Bureau du Conseil de l’Europe.

Très investie dans le devenir professionnel de ses étudiants

Durant son premier séjour à Genève, Oxana Căpățînă négocie, de la part de l’Université d’État de la République de Moldova, un accord de collaboration entre l’UÉM et l’Université de Genève. Cet accord donne naissance, une année plus tard, à un programme d’échanges universitaires, qui fonctionne depuis quatorze années déjà et par lequel 30 étudiants et doctorants francophones de l’UÉM ont pu faire des mobilités d’une année ou d’un semestre à cette prestigieuse institution.

Son projet phare

Mais le projet que la professeure trouve prioritaire est la gestion des stages professionnels à l’étranger, subventionnés par l’Agence universitaire de la Francophonie. Depuis 2010, elle gère, en tant que responsable des relations internationales au DLRCI, des partenariats entre l’université et les subdivisions d’accueil, afin de faciliter la connexion université-institution/entreprise.

Mme Căpățînă trouve que l’importance des stages paraît fondamentale pour l’encouragement de l’insertion professionnelle des étudiants de l’enseignement supérieur. Dans un article publié sur le site www.moldavie.fr, elle affirme : « L’actualité parle, de plus en plus souvent, des stages des étudiants et de l’accent mis sur la professionnalisation des universités. Même si les effets directs sur les futures compétences professionnelles de l’étudiant ne sont pas détectables facilement après un stage de courte durée et même si les subdivisions d’accueil se voient parfois obligées de faire des concessions pour accueillir des jeunes en stage (désigner des ‘‘satellites’’ qui les guideraient – ceci impliquant des dépenses supplémentaires, bien sûr), il faudrait reconnaître que ces stages améliorent l’adéquation entre la formation initiale et le marché du travail, par le renforcement de la professionnalisation et des savoirs transmis, du savoir-faire, des compétences sur le terrain et d’une meilleure connaissance de soi. »

La responsable des relations internationales du DLRCI pourrait déjà parler, en connaissance de cause, d’une collaboration constructive avec quatre subdivisions d’accueil de la région de l’Ain (Rhône-Alpes) et avec une subdivision d’accueil de Marcigny (Bourgogne), dans le domaine des projets éducationnels et de la médiation culturelle. Ces institutions ont déjà accueilli, depuis 2011 jusqu’à présent, 30 étudiants du DLRCI, boursiers de l’Agence universitaire de la Francophonie, qui ont fait des stages d’un ou de deux mois, aux centres culturels et sociaux des régions susmentionnées. Ces expériences professionnelles uniques permettent aux étudiants de s’adapter individuellement aux évolutions de l’emploi et aux conditions futures de travail, auxquelles ils se confronteront une fois diplômés.

Des collaborations d’ampleur

Oxana Căpățînă envisage de travailler, dans le futur, sur ce type de collaborations, en leur donnant, peut-être, plus d’ampleur : amorcer des collaborations entre les mairies de la République de Moldova et de France ou des pays francophones, pour lancer des projets communs. Les premières initiatives sont déjà là : le Centre Culturel Aragon d’Oyonnax, qui accueille les étudiants de l’UÉM en stage.

Des perspectives pour l’avenir

La protagoniste de ces pages salue l’implication active de l’Agence universitaire de la Francophonie dans les projets de stage des étudiants francophones. Mais elle considère qu’il reste encore beaucoup à faire pour mieux adapter l’offre d’éducation et de formation aux besoins spécifiques des jeunes. Dans ce contexte, des efforts conjoints s’imposent : les universités devraient identifier directement des subdivisions d’accueil, dans le pays ou à l’étranger, pour y déployer des projets d’insertion professionnelle. Les premiers pas sont faits et on est sur la bonne voie. Toutefois, ces efforts devraient faire partie d’une stratégie universitaire commune, car la transition réussie vers l’emploi et le monde des adultes devrait s’inscrire dans le contexte plus large des évolutions socioculturelles engendrées par la modernité.