Parlons-en de nos passions, numéro 2 – En écrivant sa passion

En ouvrant les paupières, les rayons lumineux entrent par la cornée ; l’iris leur ouvre la porte pour entrer par la pupille et franchir le cristallin, le corps vitré, et se transformer en image sur la rétine.

Non, cette fois-ci, le fil de l’histoire ne va qu’attraper en vol une pellicule photographique pour témoigner l’autre côté de la bien conservée passion, où les deux ont des lentilles et comprennent des photorécepteurs. 

Pourtant, ce sont les mêmes yeux qui seront hypnotisés par un instant d’imprévue et d’éternel ou par une minute de prévisible et d’éphémère. Les doigts bougeront au rythme des impulsions nerveuses et vont les métamorphoser en des voyelles ou des syllabes, des énumérations de mots ou en de longs paragraphes. De cette manière, l’autre côté de la passion se révèle sous la forme de l’écriture.

Les trois quarts du temps, tout commence subtilement par une idée qui vous trotte dans la tête et à un moment il y aura bien de la bourre dans tout l’essai. Les mots se donnent la main avec les idées ; ils sont taillés sur le même patron. « Il sait ce qu’il dit, le stylo ! », semble-t-il. « Ils savent ce qu’ils tapent, les doigts » sans doute. Et puis qu’est-ce qu’il fait froid. Soudainement, l’imagination s’impose des limites : là, il n’y a ni sel ni sauce. Cependant, il n’y a pas à marchander, les détails qui donnent envie de construire l’action autour d’eux s’effacent si vite de la mémoire. Tic tac, tic tac… C’est décidé, plus d’une page déjà remplie, d’autres paragraphes à mettre à jour une fois le sens voulu rendu.

Écrire va dans les deux sens, il faut avoir l’esprit ouvert pour ouvrir l’esprit d’une autre âme ; il faut avoir les yeux ouverts pour ouvrir les paupières d’un autre. Ou pas du tout ! Écrire c’est rêver tout éveillé. Cela ne veut pas dire qu’on ôte quelqu’un d’un doute, mais qu’on vise à le faire avoir de l’aplomb, réaliser ses ambitions et ses rêves. Écrire c’est de l’exercice, tout comme la photographie, et toute autre passion. Restons créatifs et divers pour que chaque œuvre d’art reflète l’éclat d’inspiration vue par nos yeux et exprime le mieux l’unicité de notre esprit.

Lavinia Simina, étudiante en master à la Faculté d’Économie et d’Administration des Affaires, Université de l’Ouest de Timișoara.

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